Les cônes toxiques

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Cône géographe: un des plus dangereux!

Récif corallien de l'océan pacifique
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Vous qui partez en voyage, dans les îles de l'indo-pacifique, la plongée sous marine vous tente et soudain, là, à portée de main, se présente l'un des plus beau coquillage de collection qui existe. La main s'approche pour le saisir. L'animal effrayé dans un premier temps se rétracte puis mis en confiance il cherche à se défendre et déploie sa trompe qui projète un harpon empoisonné vers son ravisseur, une véritable fléchette au curare. C'est l'accident!! Accident qui dans certains cas va entraîner des paralysies plus ou moins importantes, voire même la mort! Ce coquillage appartient à la famille des CONIDAE

 

Description.

Plusieurs familles de gastéropodes marins sont toxiques mais la plus dangereuse est celle des cônes (conidae) avec en particulier les espèces suivantes: cône géographe, cône textile, cône tulipe, cône marbré, cône aulique et conus magus. Ces coquillages sont tous carnivores. Ils chassent soit des poissons, des mollusques ou des vers, aidés par leur venin qui paralyse leurs proies.
Les risques de les rencontrer existent dans la région indo pacifique en eau peu profonde sur les récifs coralliens, tantôt sur le substrat corallien mort, tantôt dans les cuvettes sableuses. Ainsi des accidents ont été signalé en Polynésie française, en Nouvelle Calédonie et à l'île de La Réunion. Les cônes vivent également en eau profonde mais aussi dans les régions tropicales de l'océan atlantique.

 

cône textile

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cône tulipe

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cône marmoreus

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cône magus

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cône aulique

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conus bulatus

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Mécanisme de l'envenimation.

Le cône est munie d'une trompe qu'il peut déployer et lancer vers sa proie. A l'extrémité de cette trompe se trouve une dent, véritable fléchette empoisonnée, qui se fiche dans la chair de l'animal attaqué. Le venin qui enduit la dent peut être blanc, gris, jaune ou noir et contient de petites molécules ayant une action proche du curare, ce sont des cônotoxines. L'action est paralysante. Le venin agit en effet au niveau de la plaque motrice, c'est à dire l'endroit où la terminaison d'un neurone moteur touche le muscle et par des mécanismes complexes entraîne la contraction musculaire. Lorsque le venin infiltre la plaque motrice, deux mécanismes surviennent alors: tout d'abord une hyperexcitabilité du muscle avec tétanie puis blocage de l'influx nerveux avec une paralysie complète du muscle. 

Circonstances de l'accident et symptômes de l'envenimation.

L'accident survient chez le plongeur ou le pêcheur ayant ramassé le coquillage vivant. La coquille vide est en effet inoffensive. L'animal d'abord effrayé se rétracte dans sa coquille mais ensuite tente de se défendre et déploie sa trompe charnue, sorte de sarbacane qui lance le harpon venimeux. Il peut ainsi attaquer tandis que le plongeur le tient à la main ou le transporte dans un sac mal fermé ou encore dans le caleçon de bain. La douleur est immédiatement très vive avec un gonflement important et une paralysie locale survient dans les minutes qui suivent avec sensation d'étourdissement. La mort n'est pas rare et survient dans l'heure qui suit par paralysie des muscles respiratoires. A priori une seule piqûre est suffisante pour tuer un homme chez les espèces les plus toxiques (cône géographe et cône textile).
L'attaque peut être plusieurs fois renouvelée, le coquillage a en effet à sa disposition une vingtaine de fléchettes empoisonnées enduites du venin présent dans la glande à venin. A signaler également que la pointe empoisonnée peut traverser les vêtements légers. 

Conduite à Tenir.

Il n'existe pas d'antivenin pour les cônotoxines . Le traitement est donc symptomatique en service de réanimation. En attendant les secours il faut:
- rechercher le point de piqûre: existe-t-il un réel risque d'envenimation.
- nettoyer la blessure
- immobiliser la partie atteinte (la main généralement) en position physiologique
- réassurer le patient et le garder au calme
- ne pas faire de garrot ou d'incision

-lorsque l'état du  patient est stationnaire, un analgésique est conseillé ainsi qu'une vaccination antitétanique.

 

Prévention.

- En plongée de loisir, laisser les animaux du récif corallien tranquilles, ne rien ramasser et éviter de toucher quoique ce soit.
- En cas de pêche au coquillage, utiliser des gants épais, tuer l'animal le plus vite possible ou bien le tenir par la base c'est à dire le coté le plus large, la trompe sortant de l'autre coté est longue environ des 2/3 de la coquille.

- En cas de piqûre prévenir les services d'urgence le plus vite possible. S'être renseigné avant toute plongée des numéros d'urgence du pays visité.

conus gubernator

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Bibliographie

- Base de donnée Poisindex
- Base de donnée du centre antipoison de Lille
- Tueurs sublimes dans le pacifique - Stéphane Deligeorges - La recherche n°314
- Cônes et toxines - Frédéric Le gall - Philippe Favreau - Georges Richard - Pour la science n°261
- Peptide Neurotoxins from fish hunting cone snails - Baldomero M. Olivera - Science vol 230 p 1338

Nous tenons également à remercier Mr Michel Ghesquiere -Association Conchyliologique du Nord- pour son érudition et l'importante documentation qu'il a mise à notre disposition. Les photos illustrant cet article son propriété du centre antipoison de Lille et on été réalisées parmi les spécimens détenus par Mr Michel Ghesquiere.

 

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