Automédication : les risques existent !
l'exemple du paracétamol.

Chacun a chez soi des médicaments de première urgence ou destinés à soigner les petits maux de tous les jours. Cependant, le fait de pouvoir s’en remettre à soi même pour se soigner, banalise l’emploi des médicaments de la pharmacie familiale et peut faire oublier qu’il y a des précautions à prendre avec tout médicament sans exception : L’utilisation d’un médicament, aussi courant soit-il, n’est jamais anodine, et comporte toujours des risques potentiels :

Prenons l’exemple d’un médicament couramment utilisé : le paracétamol

Le paracétamol (ou acétaminophène) est la dénomination commune d’un médicament d’usage très répandu, qui entre dans la composition de très nombreuses spécialités pharmaceutiques telles que par exemple le Doliprane R , l’Efferalgan R ou le Dolko R. Disponible sans ordonnance en pharmacie, il n’en reste pas moins un médicament dont la posologie doit être respectée sans quoi des répercutions graves sur la santé peuvent être occasionnées … 

Rappel sur le paracétamol

Le paracétamol, qui entre dans la composition d’une soixantaine de spécialités pharmaceutiques, peut se présenter sous différentes formes ou conditionnements : sirops, poudre à diluer, suppositoires, gélules, comprimés effervescents, cachets…

C’est un médicament utilisé essentiellement pour ses propriétés analgésiques et antipyrétiques, c’est-à-dire pour remédier à la douleur et à la fièvre. Il fait effet 20 mn après la prise du médicament, durant environ 4 heures et présente une remarquable tolérance à dose thérapeutique.

Les intoxications au paracétamol

Les intoxications au paracétamol sont fréquentes : en 1999, le centre antipoison de Lille a enregistré 1037 appels pour intoxications au paracétamol contre 632 en 1998.

Il s’agit fréquemment :

-d’accidents domestiques. Par exemple, il est tard et la fatigue aidant, la vigilance de papa et maman se relâche : leur petit garçon de 3 ans profite d’une minute d’inattention pour avaler du sirop qui se trouvait à sa portée. Ses parents l’emmènent alors à l’hôpital qui contacte le centre antipoison : l’enfant restera hospitalisé une journée.

-d’erreurs de dosage : au milieu de la nuit, maman affolée par la fièvre de son petit garçon cherche à faire baisser rapidement la température. Croyant bien faire, elle multiplie les doses de paracétamol, trouvant que le médicament n’agit pas assez vite. Son mari alerté, constate l’erreur et appelle le centre antipoison.

En cas de surdosage, le paracétamol présente une toxicité hépatique importante, c’est-à-dire un risque de lésion du foie. 
Les intoxications au paracétamol peuvent dans certains cas s’avérer mortelles:
- en cas d’ingestion massive
- chez les personnes fragiles, enfants et personnes âgées
- chez les personnes ayant le foie malade
- en cas de retard à la médicalisation. 

Lors de prise en charge précoce (délai de 6 à 10 heures) un antidote participe au traitement : la N-acétylcystéine.

Les signes de l’intoxication

Il n’est pas toujours évident de déceler une intoxication au paracétamol :

Dans les heures qui suivent l’intoxication, il y a parfois des troubles digestifs, des anorexies, nausées, vomissements, diarrhées et sueurs, mais le plus souvent les  intoxiqués ne se plaignent de rien. Attention; l'absence de symptôme pendant les 24 premières heures ne préjuge en rien de la bénignité ou de la gravité de l’intoxication ! Le foie peut en effet se détruire silencieusement et au bout de trois jours quand les signes sont patents il est souvent trop tard!!

Conduite à tenir :

En cas d’ingestion excessive de paracétamol (dépassement des doses prescrites ou indiquées sur la notice), il ne faut donc pas attendre d’observer des signes pour s'inquiéter. Dans tous les cas il faut appeler immédiatement le centre antipoison ou consulter son médecin traitant : ceux-ci évalueront la gravité de l'intoxication et prescriront la conduite à tenir la mieux adaptée

Conclusion 

Le paracétamol est très utilisé en automédication, cependant comme pour tous les médicaments il ne doit pas être pris à la légère.

 

 

Ref :

- Vidal 2000
- Base de donnée du centre antipoison de Lille
- POISINDEX
- BIAM
- Flesch, Françoise, Tournoud, Christine, Jaeger, Albert. Intoxications aiguës par barbituriques, tranquillisants, tricycliques, paracétamol, salicylés. La revue du Praticien, 1998, n°48, p.1257-1261.

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