Arum, Anthurium, Spathiphyllum... Qui est qui ? 

Malgré leur évidente ressemblance morphologique, ces trois espèces de plantes ne présentent pas la même toxicité. Il est donc primordial de savoir les différentier les unes des autres afin d’évaluer la gravité potentielle d’une intoxication.  

Un peu de botanique...

L’arum, l’anthurium, et le spathiphyllum appartiennent à la famille botanique des aracées, comme bon nombre de plantes d’intérieur (monstera, philodendron…). 
Tandis que le spathiphyllum et l’anthurium sont des plantes ornementales d’intérieur, l’arum quant à lui pousse très fréquemment dans nos forêts et nos jardins. Les fleurs de ces plantes ne sont pas, comme on le pense généralement, le grand cornet solitaire émergeant des feuilles. Ce sont de toutes petites fleurs sans pétales, logées au fond de cette grande pièce protectrice appelée spathe, sur le pourtour d’un organe en forme de massue appelé spadice. Les fleurs ainsi cachées sont pollinisées (c’est à dire fécondées) par des moucherons qui s’agitent une fois pris au piège par la spathe.

Caractères distinctifs

Maintenant que nous avons vu les caractères communs à ces trois plantes, nous allons voir que malgré leur forte ressemblance il est facile de les distinguer au moyen de caractères qui leurs sont propres :

Il existe en fait deux variétés ou espèces d’arum fréquentes dans nos forêts et jardins : L’arum tacheté (Arum maculatum.L) de la photo précédente qui possède des tâches brunes au centre de ses feuilles, et l’arum d’Italie (Arum italicum.L) ci contre, qui possède des nervures blanches sur toutes ses feuilles
 

L’anthurium (Anthurium andreanum.L) quant à lui se distingue très facilement par une spathe charnue rouge luisant (attention. Il existe des variétés horticoles rose orangé).


Le spathiphyllum (Spathiphyllum wallisii.L) possède des spathes d’un blanc plus éclatant, et souvent de multiples spathes par pied. De plus ses spathes sont beaucoup plus petites, elles font en moyenne 8 centimètres contre environ 15 centimètres pour les arums.  

 

Une toxicité non négligeable…

Maintenant que nous pouvons faire la différence entre ces espèces, voyons ce qu’il en est de leur toxicité respective. 
Le spathiphyllum et l’anthurium n’ont jamais été semble-t-il impliqués dans des accidents chez l’homme, ils peuvent cependant si on les mâche provoquer des brûlures buccales notamment chez les animaux de compagnie. 

Le plus toxique de tous est donc sans conteste l’arum qu’il soit tacheté ou d’Italie. Les feuilles et les fruits sont toxiques (même pour une ingestion de 2 à 3 baies !). Les unes comme les autres provoquent une tuméfaction de la langue, une irritation durable de la gorge , des vomissements, une dilatation de la pupille, des troubles des battements du cœur, éventuellement des convulsions et dans les cas les plus graves, la mort. 

Il faut donc être très vigilant surtout par rapport aux fruits, petites baies de 3 à 4 millimètres de diamètre, qui abondent dans nos forêts et jardins d’août à septembre.  

Quelques chiffres

Parmi les nombreux appels concernant les plantes toxiques reçus par le centre antipoison de Lille, de 1995 à 2002, 36 concernaient l’anthurium, 123 le spathiphyllum, et 274 l’arum, les plaçant ainsi respectivement 31ème, 8ème, et 5ème, au palmarès des intoxications par les plantes ! La majorité de ces intoxications se situent entre le mois d’août et le mois de septembre, période de fructification de ces plantes.

Avec ses fruits rouges en grappe seulement à 20 cm du sol, on comprendra que l'arum est en tête du palmarès.

En conclusion…

On rappellera qu’il est très important de connaître le nom des plantes que l’on possède chez soi, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, surtout si des enfants sont susceptibles d’être en contact avec elles. De même il est préférable de laisser les plantes quelles qu’elles soient hors de porter des enfants.

Même si l’arum est manifestement plus toxique que ses cousins anthurium et spathiphyllum, il ne faut jamais sous-estimer la gravité d’une intoxication, Il faut laisser l’intoxiqué à jeun, et appeler le centre antipoison dès que possible !

 

 

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