Intoxications par le gui et le houx

 

Le Houx - Ilex Aquifolium (nom latin)

houx (nom français) - common holly (nom anglais) - hulst (nom allemand) - acebo comun (nom espagnol) - aquifolio comune (nom italien)

Etymologies

Le nom latin de Ilex viendrait de l'Hébreu Elon: chêne; tandis que Aquifolium vient de Acus (aiguille) et de folium (feuille)

Le terme français de Houx, dérive de l'allemand Hulst

Description

Le Houx, employé comme décoration de Noël, est un arbuste ou un petit arbre de 1 à 10 mètres de hauteur. Ses rameaux portent des feuilles luisantes, vertes, très coriasses, persistantes, plus ou moins gondolées à dents épineuses.

Les fleurs, petites et régulières, apparaîssent d'avril à juillet; tandis que les fruits, charnus, globuleux, rouge corail mûrissent d'août à octobre.

Toxicité : ce que nous apprennent les livres.

Les baies sont rendues toxiques par la présence de saponosides triterpéniques, mais ne seraient dangereuses que pour les enfants. La littérature signale même des cas de décès chez le jeune enfant et une dose léthale (mortelle) a été déterminée. Les signes dépendent de la quantité prise.

En cas d'empoisonnement, on constate des troubles digestifs : vomissements, salivation importante, diarrhées, douleurs abdominales avec dans les cas graves déshydratation et convulsions.

Le Gui - Viscum Album (nom latin)

gui (nom français) - mistletoe (nom anglais) - mistel (nom allemand) - muerdago (nom espagnol) - vischio (nom italien)

Etymologies

Le terme latin "Viscum" signifie glu (que l'on extrait de la plante) et "Album" veut dire blanc à cause de la couleur des fruits.

Le terme français de Gui vient de "viscum" devenu "wiscum" puis sous l'influence de l'allemand "Wiz d'où "guis", écrit "gui" par erreur.

Description

Le gui, également utilisé comme décoration de Noël, est un petit arbuste de la famille des Loranthacées. C'est un parasite particulièrement fréquent sur les pommiers et les peupliers, mais il peut être présent sur la majorité des essences forestières européennes. Il est par contre rare sur le chêne.

Il forme des touffes arrondies de 40 à 50 cm de hauteur. Perché sur les arbres, la tige s'enfonce dans le bois en formant un suçoir. Les feuilles oblongues, épaisses, charnues, d'un vert jaunâtre, sont opposées par deux. Les fleurs, en groupe de 3 à 6, mâles et femelles, se développent à la fin de l'hiver et donnent naissance à des baies blanches et transparentes vers août - septembre qui mûrissent en novembre - décembre.

Au Etats-Unis et au Canada, le gui employé pour la décoration de Noël est le "Phoradendron Serotimun ou Flavescent" . Quant au "gui du chêne", il s'agit du "Loranthus Eropaeus". Nous ne traiterons pas de la toxicité de ces deux espèces.

Toxicité : ce que nous apprennent les livres.

Le gui contient en outre un dérivé acétylé de la choline, des saponosides et des viscotoxines. Les substances isolées dans le Gui ont une action contradictoire cependant l'action générale du Gui est surtout hypotensive. Les signes dépendent de la quantité prise.

Bien que mangées par les poules, les grives, les ramiers, fauvettes et mésanges, les baies sont toxiques. Cette toxicité varie en fonction de l'arbre parasité. Ainsi, le gui du peuplier serait moins toxique que celui du pommier ou du sapin.

Les symptômes d'empoisonnement sont: des vomissements par irritation des muqueuses digestives, des diarrhées, la soif, une dilatation pupillaire, hypotension et paralysies allant jusque l'arrêt cardiaque et ou l'asphyxie.

Des doses toxiques ont été déterminées chez l'animal.

L'expérience du centre antipoison de Lille.

 

Depuis 10 ans, le centre antipoison de Lille a recensé 136 intoxications par les baies du gui et 126 intoxications par les baies du houx. Pour le gui 88% et pour le houx 63% des intoxications se produisent sur les mois de décembre - janvier, avec 3 pics de fréquence; vers le13 décembre, vers le 24 décembre et vers le 31 décembre.

La moyenne de l'âge des intoxiqués est de 2ans et 9 mois pour le gui et de 2 ans et 4 mois pour le houx. Il s'agit en moyenne de 54,5% de garçons et de 45,5% de filles.

Le cas du gui. Quatre enfants ayant avalé des baies de gui ont présenté des vomissements et l'un d'entre eux a souffert également de diarrhées. Dans toutes ces situations la quantité de baies avalées a été estimée à plus de quatre. La majorité des intoxications sont asymptomatiques mais les quantités ingérées, difficiles à apprécier, sont cependant généralement très faibles (1 à 3 baies).

Dans 77% des cas le gui se trouvait à l'intérieur de la maison, dans 6% à l'extérieur (jardin, campagne), 23% des lieux sont inconnus.

Le cas du houx. L'ingestion de baies du houx a entraîné des symptômes dans 11 cas et toujours chez des enfants : un cas avec vomissements et diarrhées; un cas de coliques, sept cas de vomissements, un cas avec diarrhées seules et un cas avec sensation de brûlures. Ces enfants avaient pris de 1 à 6 baies.On note que dans 25% des cas la quantité prise est inconnue et que dans le reste des cas l'intoxiqué a ingéré de 1 à 6 baies.

Dans 67% des cas le houx se trouvait à l'intérieur de la maison, dans 23% à l'extérieur (jardin, campagne), 10% des lieux sont autres ou inconnus.

Conclusion

La toxicité des baies du houx et du gui n'est pas à discuter; cependant l'intoxication est souvent de faible gravité (vomissements, diarrhées, troubles digestifs) car les quantités ingérées sont peu importantes.

Ces intoxications surviennent dans un climat particulier : les préparatifs des réveillons de Noël et du Jour de l'An. Maman prépare des couronnes de gui et de houx dans la cuisine, un moment d'inattention, le téléphone sonne, et le petit Julien ramasse et mange des boules tombées à terre!! Il ne faut cependant pas céder à la panique!

Pour éviter l'accident : - mettre les décorations de Noël hors de portée des enfants.
- expliquer que ces baies peuvent être dangereuses et que ce ne sont pas des bonbons.
Si l'accident survient : - appeler le centre antipoison de Lille. Un médecin toxicologue évaluera le risque cas par cas et déterminera la conduite à tenir.

Prochainement le centre antipoison de Lille publiera des statistiques détaillées sur les intoxications par le houx et le gui et les intoxications survenant durant les fêtes de fin d'année.

ref:

* base de données du centre antipoison de Lille

* base toxicologique POISINDEX 1998

* thèse : Etude de la toxicité de végétaux supérieurs rencontrés en France métropolitaine - Jeannine Bernard-Hugot - Christine Dubois - Lille 1985

* ressources médicinales de vla flore française - Gabriel Garnier - Lucienne Bézanger Beauquesne - Germaine Debraux - Vigot Frère - Paris 1961

* le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France - P.FOURNIER- édition Paul Lechevalier Paris - 1948

 

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