Noël : un cadeau empoisonné

Noël : un cadeau empoisonné

Si Noël est la période des cadeaux, certains peuvent gâcher la fête. Déjouons ensemble certains pièges...

Les dessous cachés des mets gourmands

La lecture du menu de Noël fait saliver nos papilles. Sont tout particulièrement cuisinés et proposés en ce jour de fête :

Fruits de mer (moules, huîtres, St Jacques, langoustes, bigorneaux, crabes...), saumon et autres poissons, charcuterie, viandes, oeufs, boites de conserve, desserts, lait et fromages

Hélas, derrière ce repas festif peuvent apparaître des symptômes comme des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), de la fièvre et quelques maux de tête.

Mauvaise nouvelle ! Vous avez été victime d'une intoxication alimentaire.

Par exemple, en 2010, une alerte concernant le foie gras a été déclenchée : le Centre Antipoison de Lille a répertorié 11 cas.

Ces intoxications peuvent être dues à des bactéries qui se sont développées suite au non respect de la chaîne du froid ou à un problème de conservation. Une autre cause peut être la présence de virus, notamment dans les fruits de mer (virus de l'hépatite) ou encore de mycotoxines et phycotoxines dans les poissons.

Pour éviter cette intoxication :

Respecter la chaîne du froid.

Se laver les mains et utiliser des ustensiles propres.

Bien cuire les viandes.

Vérifier les dates de péremption avant utilisation.

Eviter les boîtes de conserve avec une odeur suspecte et/ou dont la boîte a gonflé.

Que faire ?

Consulter le médecin traitant en cas de symptômes.

A noter que les TIAC (Toxi-Infection Alimentaire Collective) sont à déclaration obligatoire.

Les petits se prennent au jeu des grands

v Ingestion d'alcool chez le jeune enfant

Pendant la période de Noël, les enfants sont plus susceptibles d'échapper à l'attention des parents et d'ingérer de l'alcool. Or l'alcool est dangereux pour les enfants. En effet un taux sanguin d'alcool bien toléré par un adulte peut entraîner chez l'enfant une baisse du sucre dans le sang (hypoglycémie) et un coma.

graphe 1

On remarque qu'au moment des périodes de fête, le nombre d'intoxications à l'alcool est plus élevé.

Pour éviter cette intoxication :

Ne pas proposer de l'alcool aux enfants.

Que faire ?

Consulter sans attendre en cas d'ébriété.

Donner à l'enfant une boisson sucrée, des gâteaux secs.

v Mégots de cigarette

Aussitôt consumé, aussitôt jeté, le mégot de cigarette peut être ramassé par nos petits bambins et porté à leur bouche. Or la nicotine contenue dans une cigarette peut intoxiquer un jeune enfant. Il faut aussi se méfier des patchs et des chewing-gums à la nicotine utilisés lors du sevrage au tabac.

Sur la période de décembre à février pour les années 2008, 2009 et 2010, le Centre Antipoison a reçu 44 appels concernant une intoxication chez l'enfant avec un mégot de cigarette ou de cigare.

Suite au mâchouillement, l'enfant peut être victime de sueurs, de nausées, de vomissements et de palpitations. Plus tard, il peut y avoir de la diarrhée. Dans les cas graves, une diminution de la tension artérielle et un ralentissement du pouls, de la somnolence voire un coma peuvent apparaître.

Pour éviter cette intoxication :

Ne pas laisser de cendriers ni de cigarettes sur les tables basses.

Que faire ?

Nettoyer la bouche de l'enfant afin d'enlever les morceaux de tabac.

Dans ces 2 situations, contactez le Centre Antipoison. N'oubliez pas de préparer les informations suivantes : âge et poids de votre enfant, la quantité de tabac/alcool ingérée. Le médecin jugera de la nécessité d'une hospitalisation (dans les cas graves) ou si l'enfant peut rester à la maison sous surveillance (si petites quantités).

Au chaud, ne carburez pas trop !

Avec l'arrivée du grand froid, on rallume le chauffage. Malheureusement de nombreuses intoxications au monoxyde de carbone (CO) sont recensées le soir de Noël.

graphe2 :

On remarque que dès le mois d'octobre, le nombre d'intoxication au CO augmente clairement, ce qui correspond à la période d'utilisation du chauffage.

Ces intoxications sont liées aux chauffages mal entretenus ou à des installations défectueuses.

Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore. Il faut donc faire attention car c'est un gaz mortel. Les premiers symptômes d'intoxication chez l'enfant sont les vomissements et la somnolence. L'adulte va plutôt ressentir des nausées, des vomissements, des maux de tête et des vertiges.

Pour éviter cette intoxication :

Laisser circuler l'air dans les pièces, aérer régulièrement.

Ne pas boucher les grilles d'aération, ne jamais arrêter les systèmes de ventilation.

Faire réviser le système de chauffage chaque année.

Faire effectuer un ramonage mécanique des conduits et cheminées au moins une fois par an.

Ne pas utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage.

Ne pas utiliser les chauffages mobiles, non raccordés à l'extérieur, en continu mais les utiliser sur des courtes durées, en aérant à chaque fois.

Un noël vert sans virer au rouge

En période de Noël, nous égayons nos maisons avec des plantes telles que le houx, le gui, la jacinthe, le poinsettia, l'if et le lierre. De par leur coté attrayant, les enfants mettent facilement des feuilles ou des baies en bouche. Or ces plantes peuvent être toxiques quand elles sont ingérées.

Les symptômes principalement retrouvés sont des nausées, des douleurs gastriques et abdominales. Une salivation importante peut être présente. Des vomissements et de la diarrhée peuvent survenir et entraîner une déshydratation.

graphe3:

Pour la période de décembre à janvier, il y a un nombre élevé des intoxications aux plantes de Noël chez les enfants. On explique par ailleurs, que ce nombre est également important pour les mois d'août, septembre, octobre car les fruits de l'if et du houx apparaissent dès le mois d'août.

Pour éviter cette intoxication :

Conserver le nom écrit de la plante sur une étiquette placée sur le pot.

Ne pas les laisser à portée des enfants et des animaux.

Que faire ?

Enlever les restes de plante de la bouche.

Donner un peu d'eau à boire.

Contacter le Centre Antipoison avec le nom de la plante. Si vous ne connaissez pas le nom, vous pouvez vous faire aider par un fleuriste ou un pharmacien. Ou prenez une photo de la plante pour l'envoyer au médecin du CAP.

Des jouets par milliers

Vérifiez bien que le jouet soit adapté à l'âge de l'enfant et que le marquage CE soit présent.

v Piles

Le fonctionnement de certains jouets nécessite des piles. Or ces dernières peuvent être ingérées par les petits de par leur petite taille.

graphe4:

On voit une influence des fêtes de fin d'année sur l'utilisation des jouets et donc sur l'ingestion des piles chez les enfants.

En cas de complications, les symptômes observés sont : irritabilité, salivation, vomissements, douleur ou gêne lors de la déglutition, douleurs abdominales et thoraciques.

Mais dans la plupart des cas, la pile sera évacuée par les selles et n'aura eu aucune incidence.

Pour éviter cette intoxication :

Ne pas laisser traîner les piles.

Vérifier que les piles ne coulent pas.

Vérifier que les jouets avec des piles ne s'ouvrent pas trop facilement.

Apporter les piles à une collecte quand elles sont inutilisables.

Que faire ?

Ne pas faire vomir, ne pas donner à manger.

Consulter les urgences le plus rapidement.

v Jouets luminescents

Ces jouets contiennent des composés chimiques irritants pour la peau et les muqueuses lors d'un contact direct. Un picotement de la muqueuse buccale peut être ressenti lors d'une ingestion. En cas d'inhalation, il peut être responsable d'hypersécrétion nasale avec éternuements.

Que faire ?

Rincer la bouche.

Donner à boire.

v Coffrets du petit chimiste et coffrets de travaux manuels :

Ces jeux sont normalement destinés à des enfants plus grands, si bien que les ingestions sont rares et les quantités mises en jeu faibles. En cas d'ingestion, le risque est limité à la sphère digestive (irritation digestive).

L'envers du décor

v Neige éternelle en bombe

Déposée sur les sapins, la poudre est peu toxique. Elle peut toutefois entraîner des douleurs abdominales si elle est ingérée. Lors d'une manipulation maladroite, elle peut occasionner une sensation froide sur la peau. Après pulvérisation, certaines personnes sensibles peuvent avoir des difficultés à respirer.

Que faire ?

Rincer la bouche et nettoyer la peau.

En cas d'inhalation, aérer la pièce.

Appeler le Centre Antipoison qui jugera la conduite à tenir selon les symptômes présents.

v Petites pièces de décoration et autres corps étrangers

Des petites billes décoratives, des boules de Noël, des cotillons, des morceaux de plastique ou de verre peuvent être avalés par les enfants. Ces objets n'ont pas de toxicité particulière mais peuvent être responsables d'un syndrome de pénétration.

Que faire ?

Ne pas faire vomir.

En cas d'étouffement, faire tout de suite le 15 ou faire appel à quelqu'un dans l'entourage sachant pratiquer la méthode de Hemlich (méthode de libération des voies respiratoires).

Appeler le Centre Antipoison qui estimera la conduite à tenir : radio pour suivre la progression de l'objet, régime riche en fibres pour faciliter l'élimination.

v Bombes de paillettes

Lors d'une manipulation de ces bombes, de la solution peut être projetée dans les yeux.

Que faire ?

Rincer l'œil sous un filet d'eau tiède pendant 15 minutes.

Appeler le Centre Antipoison.

Le Centre Anti Poison vous souhaite de joyeuses fêtes !