Magazine N°1 - Sureau

Les Sureaux - SAMBUCUS (nom latin)

sureau (nom français) - elder-tree (nom anglais) - holunder (nom allemand) - sanco (nom espagnol) - sambuco (nom italien)

sureau hièble

Etymologies

Le "sambuké" désignait en Grèce une harpe triangulaire. Ce nom aurait, par extension été appliqué aux flûtes tirées du Sureau, puis au sureau lui-même.

Le nom sambucus pourrait également dériver de sandix, "plante qui teinte en rouge" et en effet le sureau est parfois utilisé pour la coloration du vin.

Le nom de sambucus lui-même serait d'origine Syrienne.

Quant au français sureau, il est dérivé de l'ancien français "seü ou seür", lui même dérivé du latin sabucus autre forme de sambucus

Bien que très différents d'aspect des chèvrefeuilles, les sureaux appartiennent à la famille des Caprifoliacées.

On distingue plusieurs espèces de sureaux

Espèces européennes
Sambucus Niger- sureau noir - european elderberry
Sambucus Racemosa - sureau rouge - european red elderberry
Sambucus Ebulus - sureau hièble
Espèces américaines
Sambucus Caerulea - sureau bleu - blue elderberry
Sambucus Canadensis - sureau d'amérique - american elderberry
Sambucus Pubens - sureau rouge d'amérique - american red elderberry
Description
Le sureau noir

Le sureau noir se présente sous la forme d'un arbrisseau voire d'un petit arbre de 3 à 5 m parfois 10 m.
Les feuilles opposées, composées, imparipénnées, se composent de 5 à 7 folioles terminales plus grandes que les latérales.
La floraison se produit en juin. Les fleurs blanches et odorantes sont groupées en larges cimes très fournies. La maturation des fruits a lieu en septembre octobre.
Les fruits sont des baies globuleuses, arrondies de 3 à 6 mm de diamètre. Leur teinte vire successivement du vert au noir-brillant, noir-violacé ou noir-pourpre. Elle contiennent un suc rouge-violacé et trois graines.Les fruits se groupent en grappes longues, denses et étalées.

Le sureau à grappes ou sureau rouge

Le sureau à grappes est un petit arbuste de 2 à 4 m, à feuilles composées de 3 à 7 folioles aiguës, lancéolées et dentées.
Il fleurit en avril et donne des baies à la fin de l'été.
les fruits sont sphériques ou ovoïdes, rouges, groupés en grappes et contiennent des graines ovales et brun-jaune

.

Le petit sureau ou sureau hièble

Le sureau hièble mesure de 1 m à 1,5 m.
Sa tige droite, robuste, sillonnée, porte des feuilles opposées, composées de 7 à 11 folioles dentées, atténuées en pointe.
Il fleurit en juin-juillet et donne des fruits en septembre octobre. Ses baies globuleuses, noires, luisantes, en grappes denses renferment un suc cramoisi et violacé ainsi que trois graines

Toxicologie : ce que nous apprennent les livres

1-sureau noir
2-sureau hièble
3-sureau rouge

La toxicité des fruits en fonction des espèces est encore discutée.
* Les baies du sureau noir et du sureau d'Amérique sont considérées comme comestibles quand les fruits sont murs et qu'ils sont consommés en petite quantité.
Elles peuvent être consommées en confiture, en gelée et sous forme de vin.
L'écorce, les feuilles, les fleurs et les fruits ont des propriétés sudorifiques, diurétiques, purgatives, vomitives, et, extérieurement détersives et résolutives.
Les fruits frais semblent la partie la moins toxique de la plante. Ils sont laxatifs et consommés en grande quantité entraînent des diarrhées sévères .
L'écorce, surtout l'écorce interne, est diurétique, et l'expérimentation animale a montré l'apparition chez la souris et le chat ( PETKOV et coll. 1979) d'une inhibition du système nerveux central avec apathie et somnolence; d'un effet hypotenseur de courte durée; d'une inhibition de l'activité cardiaque et de troubles du rythme.
* Les baies des autres espèces de Sureau (hièble et rouge) ne sont pas considérées comme comestibles. Elles ont les mêmes propriétés que les baies du sureau noir mais entraînent généralement des diarrhées sévères.

Notre expérience: quelques chiffres du centre Antipoison de Lille

Depuis 4 ans le centre antipoison a recensé 81 intoxications par le sureau. Avec une moyenne de 16 cas par an; nous avons recensé déjà 33 cas depuis juillet 1998. Cette augmentation correspond au transfert des appels du Centre Antipoison de Rouen vers Lille (7 cas supplémentaires ).
Les cas sont répartis entre la fin du mois de juillet et le mois d'octobre avec un pic de fréquence entre la mi-août et la mi-septembre.
Tous les cas sont survenus chez des enfants qui ont avalé les baies de la plante. Dans 17 cas, soit près d'un quart des cas, les intoxications furent symptomatiques: 13 enfants ont souffert de vomissements; 3 enfants se sont plaints de douleurs digestives et 1 enfant a présenté des nausées. Le nombre de baies prises est dans la majorité des cas, difficile à quantifier, et l'espèce de sureau responsable de l'intoxication, n'a généralement pas pu être différencié à cause de la ressemblance qui existe entre le sureau noir et le sureau hièble.

Conclusion

* L'intoxication par le sureau pose plusieurs problèmes:

L' identification botanique en fonction des espèces,
La quantité consommée,
La partie de la plante consommée,
Les caractéristiques de "l'intoxiqué" (âge, maladies antérieures)

Les racines, les écorces, les feuilles, les fleurs et les fruits du sureau sont émétiques et purgatives à haute dose. Le sureau hièble est plus actif que le sureau noir et que le sureau rouge.

* En pratique:

En pratique, quand un enfant a absorbé des baies de sureau, la quantité de baies et l'espèce sont en général difficiles à préciser. L'intoxication est le plus souvent de faible gravité, se limitant à des signes digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives). Il est cependant recommandé d'appeler le centre antipoison. Un médecin toxicologue évaluera le risque cas par cas et déterminera la conduite à tenir.
Dans tous les cas, nous déconseillons la consommation non éclairée des baies de sureau.

ref:

* base de données du centre antipoison de Lille
* base toxicologique POISINDEX 1998
* thèse : Etude de la toxicité de végétaux supérieurs rencontrés en France métropolitaine - Jeannine Bernard-Hugot - Christine Dubois - Lille 1985
* le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France - P.FOURNIER- édition Paul Lechevalier Paris - 1948