Magazine N°42 : Les anti-inflammatoires: attention a l'automedication !

LES ANTI-INFLAMMATOIRES: ATTENTION A L'AUTOMEDICATION !

Mme X a une rage de dent : une douleur pulsatile, vive. Elle savait depuis quelques temps qu'elle devait avoir une carie : ça lui lançait quand elle mangeait des aliments sucrés ou chauds, mais elle n'avait pas eu le temps de consulter. Aujourd'hui, la douleur est continue, intolérable. Et son dentiste ne peut pas la recevoir aujourd'hui.... Elle prend ce que sa voisine lui recommande : un comprimé de kétoprofène...

Monsieur Y, jogger de la première heure, a des petits soucis aux pieds : des crevasses entre les orteils qui piquent sous la douche. Un matin, il voit une petite traînée rouge remonter sur son mollet. Ca fait un peu mal mais c'est très supportable. Il va travailler comme d'habitude, mais sa douleur l'empêche un peu de se concentrer. Sa jambe est légèrement gonflée, plus rouge que l'autre. Il prend du diclofenac qu'il avait dans son sac de sport, prescrit il y a 3 mois pour une entorse bénigne de cheville...

Auriez-vous fait la même chose? Est-ce une réaction adaptée, inutile, dangereuse?

Description: Il existe deux types d'anti-inflammatoires : les anti-inflammatoires non stéroïdiens dits AINS et les stéroïdiens aussi appelés corticoïdes ou "cortisone". Comme leur nom l'indique, ils servent à lutter contre l'inflammation, processus que met en place l'organisme lorsqu'il se sent agressé.
Les anti-inflammatoires ne sont pas stricto sensu des antalgiques, c'est-à-dire des médicaments contre la douleur. La confusion vient du fait qu'ils peuvent quelquefois diminuer la douleur résultant de l'inflammation. Ils sont indiqués quand l'inflammation résulte d'un stress de l'organisme, particulièrement dans les inflammations liées à des rhumatismes ou à des traumatismes.
Par contre, cette inflammation est bien utile pour l'organisme pour se défendre contre une infection par des microbes. Elle permet de mobiliser les ressources de l'organisme pour détruire le germe qui s'introduit dans l'organisme. Cela peut être un virus, une bactérie, un champignon ou encore un parasite : plus vulgairement un microbe.
Si l'on prend des anti-inflammatoires, on empêche l'organisme de se défendre efficacement, et le microbe gagne du terrain. Cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Exemples: Un exemple tragique encore trop répandu est celui de la douleur dentaire. En effet, les douleurs dentaires sont terribles : insomniantes, permanentes...
Llorsque les gens y sont confrontés, ils s'auto-médiquent bien souvent avec peu de discernement, et les AINS de l'armoire à pharmacie y passent.
Et les nombreux microbes de la cavité buccale peuvent alors se multiplier et diffuser localement à partir de l'abcès dentaire. Ainsi, l'infection peut emprunter l' "autoroute cervicale" pour gagner le thorax, où se trouve notamment le coeur et les poumons. On appelle cette affection une cellulite thoracique; elle est redoutable se compliquant dans la moitié des cas d'un décès!
Les signes qui doivent amener à faire consulter en urgence en cas de rage de dent sont un visage gonflé, rouge, chaud souvent de manière asymétrique, une fièvre, des difficultés pour respirer, pour avaler...
L'inflammation des plis de la peau ou intertrigo constitue une porte d'entrée possible pour une infection aiguë en plaque. Là aussi, la prise d'AINS constitue un facteur aggravant important, retrouvé dans la plupart des formes compliquées. Cette affection peut être terrible, jusqu'à la mort si on est confronté à une gangrène gazeuse.

source : http://www.dermis.net/dermisroot/en/home/index.htm

La meilleure arme contre ces complications reste la prévention : traitement précoce des effractions cutanées, hygiène bucco-dentaire, et surtout proscrire l'automédication d'AINS sans avis médical...
Ces exemples illustrent que les anti-inflammatoires ne doivent pas être pris à la légère. Souvent accessibles sans ordonnance, ils peuvent pourtant avoir des conséquences redoutables. C'est pourquoi il faut toujours demander l'avis d'un médecin pour les utiliser.

Prévention: La meilleure des solutions pour l'automédication devant une douleur quelle qu'elle soit, est de prendre des antalgiques simples, soit des médicaments contre la douleur sans effet anti-inflammatoire : le paracétamol en est le meilleur exemple, commercialisé entre autres sous les noms de DOLIPRANE®, EFFERALGAN®, DAFALGAN®. Les autres médicaments de l'armoire à pharmacie ne doivent pas être utilisés sans l'avis d'un médecin, d'autant plus si l'on fait de la fièvre...
Pour indication, le paracétamol doit être pris avec un minimum de 6 heures entre deux prises. Chez l'adulte, la dose est habituellement de 1 gramme toutes les 6 heures ; prudence en cas de problèmes hépatiques. Chez l'enfant, on utilise volontiers la forme sirop jusqu'à 26 kilogrammes, une dose poids (cuilleres graduées livrées avec le sirop) toutes les 6 heures. Au delà, à partir de 27 kg, on peut proposer des sachets de paracétamol à la dose 500 mg, également toutes les 6 heures. Enfin, à partir de 50 kg (environ 15 ans), on peut prendre la dose adulte de 1 gramme.